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Hypnose érotique · Pour adultes consentants, 18+
Mira Janssen
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Auto-hypnose : entrer en transe est la partie facile

Après un spectacle, il y a toujours une file près de la scène, et dans cette file, il y a toujours quelqu'un pour me dire la même chose : ce soir ça a marché parce que c'était moi qui parlais, mais seul, chez lui, il n'y arrive pas. Je pose alors deux questions. Vous arrive-t-il de rater votre station ? De relever la tête d'un écran en vous demandant où sont passées quarante minutes ? La réponse est oui presque à chaque fois — et la personne vient de me raconter deux transes de sa semaine. Elle sait très bien y entrer. Ce qu'elle ne sait pas faire, c'est viser.

Ce que c'est, exactement

L'auto-hypnose consiste à produire soi-même l'état qu'installerait d'ordinaire la voix d'un praticien, puis à y placer une suggestion préparée à l'avance. Vous tenez les deux rôles en même temps : celui qui parle et celui qui écoute. Le reste — la position, l'heure, le décor — relève du détail.

Presque tout ce qui s'écrit sur le sujet porte sur l'entrée : comment descendre, comment descendre plus bas, comment savoir qu'on y est. C'est précisément la partie qui ne pose problème à presque personne.

Vous entrez déjà en transe plusieurs fois par semaine

Le trajet en train où vous décrochez complètement, le paysage qui défile sans que vous le regardiez. La route connue par cœur, dont vous ne gardez aucun souvenir précis entre le rond-point et le parking. Le livre dont vous sortez en ayant perdu le fil de l'heure. Les dix minutes qui précèdent l'endormissement, quand des images arrivent sans que vous les ayez appelées.

Ces épisodes ont un air de famille : l'attention se resserre sur une seule chose, le reste s'éloigne, et le temps cesse de se compter normalement. C'est la mécanique ordinaire de l'hypnose, sans personne pour la conduire.

Ce qui leur manque, ce n'est pas la profondeur. C'est une destination. Personne n'a dit à cet état à quoi il devait servir, alors il ne sert à rien de particulier : il passe, et vous descendez à la station suivante.

Le travail est dans la phrase, pas dans la descente

Une suggestion qui tient se prépare les yeux ouverts, à froid, et s'écrit. Improviser une formulation une fois qu'on est descendu, c'est se remettre au travail au moment exact où l'on vient d'arrêter.

Au présent, et sans négation. « Je ne vais plus paniquer avant de prendre la parole » vous oblige à vous représenter la panique pour comprendre votre propre phrase. On raconte souvent que l'inconscient « ne comprend pas la négation ». C'est une formule trop commode, et je m'en méfie autant que du reste du folklore sur le subconscient ; ce qui est vrai est plus terre à terre : pour traiter l'énoncé, il faut d'abord convoquer la chose niée. Alors autant convoquer celle que vous voulez. « Au moment où je me lève, mon souffle reste bas et lent. »

Décrire plutôt que se commander. « Je détends mes épaules » vous met au travail, et l'effort remonte. « Mes épaules descendent » se contente de constater. La différence a l'air cosmétique ; à l'usage, c'est elle qui décide si la séance tient ou si vous vous retrouvez à surveiller vos épaules.

Petit, concret, vérifiable de l'extérieur. Pas « je reprends confiance en moi », qui ne se mesure nulle part, mais le plus petit morceau observable de l'affaire : la main qui reste posée à plat sur la table, la première phrase qui sort à voix normale, le regard qui va vers le fond de la salle. Une suggestion large n'est pas ambitieuse, elle est floue — et le flou ne s'exécute pas.

Une seule phrase par période, la même pendant des semaines. Changer de formulation à chaque séance, c'est recommencer à zéro à chaque séance.

Une routine de dix minutes

Ce n'est pas un script à réciter, c'est un ordre d'opérations. Assis plutôt qu'allongé, sauf si votre but est de dormir.

Poser le cadre. Votre phrase est écrite. Décidez aussi de la durée avant de commencer — « dans dix minutes, j'ouvre les yeux ». Le corps tient ce rendez-vous étonnamment bien, et vous n'aurez pas à surveiller l'heure.

Fixer un point. Un point quelconque sur le mur, un peu au-dessus de la ligne du regard, de sorte que les paupières travaillent. Elles fatiguent en une minute ou deux : rien de mystique là-dedans, c'est de la mécanique. Fermez les yeux quand les garder ouverts devient franchement inconfortable, pas avant.

Descendre. Comptez à rebours de vingt à un, un chiffre par expiration, sans rien ajouter dans la phrase. Ou laissez tomber les chiffres et allongez seulement l'expiration, sans forcer l'inspiration. Ne guettez aucune sensation particulière : la lourdeur, la chaleur, le picotement des mains arrivent chez certains et jamais chez d'autres, et leur absence ne prouve rien. Si vous perdez le compte, ne recommencez pas — c'est justement le signe que vous attendiez.

Placer la suggestion. Trois ou quatre fois, lentement, mot pour mot la même, sans vous corriger. Puis laissez venir la scène : vous, dans la situation visée, en train de la traverser correctement. Pas un film héroïque — trente secondes de banalité réussie. Si vous voulez un point d'appui pour plus tard, refermez discrètement le pouce et l'index à ce moment-là, chaque fois, et refaites ce geste dans la situation réelle. Cette association ne comptera vraiment qu'après des dizaines de répétitions.

Ressortir proprement. Comptez de un à cinq en remontant, bougez les mains, ouvrez les yeux. Ce n'est pas une précaution de sécurité — personne ne reste bloqué —, c'est une ponctuation : une fin nette que le corps repère la fois suivante.

Huit à douze minutes suffisent. Au-delà, on ne travaille plus, on somnole.

Vous ne pouvez pas vous tester vous-même

En face de quelqu'un, je vérifie. Le bras qui pèse, les doigts qui restent collés, la paupière qui tressaille : ces tests me renseignent, et ils renseignent la personne, ce qui compte au moins autant.

Seul, l'observateur et l'observé sont la même personne. Dès que vous vous demandez « est-ce que je suis assez descendu ? », vous remontez d'un étage pour aller chercher la réponse. Vérifier détruit ce qu'on vérifie. Il n'y a pas d'astuce pour contourner ça : il faut renoncer à savoir pendant la séance.

Le seul verdict disponible est extérieur et différé. Non pas « à quelle profondeur j'étais mardi », mais « est-ce que quelque chose a bougé dans la situation visée depuis trois semaines ». C'est un critère lent et ennuyeux, c'est le seul qui soit honnête. Si votre réceptivité vous intéresse pour elle-même, un test de suggestibilité vous situe en quelques minutes — en dehors des séances, pas pendant.

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Le plafond est plus bas qu'en séance, et autant le dire

L'auto-hypnose a un défaut structurel qu'aucune technique ne rattrape : personne ne vous regarde. Personne ne voit votre mâchoire se serrer sur un mot, personne ne change la phrase suivante en fonction de ce qui vient de se passer. Ajoutez que vous connaissez le texte à l'avance : la surprise, qui fait une bonne part du travail sur scène, n'existe plus.

En échange, vous n'avez besoin de personne, d'aucun créneau, d'aucun budget, et vous pouvez recommencer demain. La répétition compense une partie de ce plafond — pas toute, une partie. C'est un marché correct, à condition de savoir ce qu'on achète.

Les erreurs qui reviennent toujours

L'objectif trop grand. « Reprendre confiance », « arrêter de procrastiner », « changer de vie ». Ces phrases ne désignent rien d'exécutable. Découpez jusqu'à obtenir un geste ou une sensation précise, et travaillez ce morceau-là.

La séance trop longue. Une demi-heure le dimanche ne vaut pas huit minutes tous les jours. C'est une pratique qui se joue sur la fréquence, comme un instrument.

L'effort pris pour un moteur. « Se concentrer très fort » produit exactement le contraire de l'état recherché — c'est le même piège que vouloir s'endormir, un sujet que je détaille à propos de l'hypnose pour dormir. Quand vous vous surprenez à forcer, revenez au souffle et laissez tomber l'objectif de la séance.

L'attente d'un effet spectaculaire. Beaucoup de gens abandonnent parce qu'ils n'ont « rien senti ». La profondeur ressentie n'est pas le paramètre qui décide du résultat, et une séance parfaitement plate peut être une bonne séance.

Quant au délai : comptez des semaines. Trois séances ne prouvent rien, quinze commencent à dire quelque chose. Je ne connais pas de raccourci, et je me méfie de ceux qui en vendent.

Ce que ça ne fait pas

L'auto-hypnose est une pratique, pas un traitement, et je ne suis pas thérapeute — je fais monter des gens sur scène. Un trouble qui dure — une anxiété qui organise vos semaines, un sommeil cassé depuis des mois, une douleur qui s'installe — passe d'abord devant un médecin, avant toute technique. Pour les troubles anxieux, les thérapies cognitivo-comportementales sont le traitement de première intention ; pour l'insomnie chronique, c'est la TCC-I. Une pratique quotidienne peut accompagner ce genre de prise en charge. Elle ne la remplace pas, et quiconque vous laisse croire l'inverse vous vend autre chose.

Par où commencer

Si vous préférez apprendre dans l'ordre plutôt que de picorer des vidéos, la séquence complète est posée dans le guide gratuit pour apprendre l'hypnose : les mêmes briques, dans l'ordre où elles se tiennent. Et ce que cette mécanique devient quand deux adultes s'en servent délibérément, après en avoir parlé, c'est le sujet de mes livres — un autre terrain, exactement la même grammaire.

Vous savez déjà descendre. Il ne vous manque qu'une phrase, écrite à l'avance, et la patience de la répéter pendant que rien ne se passe encore.

— Mira

FAQ

Comment pratiquer l'auto-hypnose chez soi ? Assis, une phrase écrite à l'avance, une durée décidée avant de commencer. Fixez un point un peu au-dessus du niveau des yeux jusqu'à ce que les paupières fatiguent, comptez à rebours sur l'expiration, répétez trois ou quatre fois votre suggestion telle quelle, puis remontez de un à cinq et ouvrez les yeux. Huit à douze minutes, tous les jours plutôt qu'une longue séance par semaine.

L'auto-hypnose est-elle dangereuse ? Non, dans un usage ordinaire : une transe qu'on ne referme pas redevient un état de veille ordinaire au bout de quelques minutes, ou glisse dans le sommeil. Les deux précautions qui comptent sont plates : jamais au volant, et si vous suivez un traitement psychiatrique ou traversez un épisode difficile, parlez-en d'abord à votre médecin.

Combien de temps avant que ça fonctionne ? Plus longtemps qu'annoncé partout ailleurs. Une séance produit au mieux un état agréable ; ce qui change une réaction, c'est la même phrase répétée sur trois ou quatre semaines. Jugez sur la situation visée, pas sur ce que vous ressentez pendant la séance.

Peut-on apprendre l'hypnose tout seul ? La partie qui vous concerne, oui : produire l'état, formuler une suggestion, tenir une routine. Ce qui ne s'apprend pas seul, c'est l'observation — lire une respiration, repérer une crispation, adapter la phrase suivante. C'est pour ça que la pratique à deux reste un autre métier, et pas seulement la même chose avec un partenaire.

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